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La pêche du gardon au feeder en hiver

D’entrée de jeu, ne pas s’attendre à faire des bourriches mémorables et j’irai même jusqu’à dire ne pas s’attendre à faire du poisson tout court ; déjà qu’une pêche fine au feeder est de base assez complexe, si on rajoute à ça les conditions hivernales souvent mauvaises pour une bonne partie de pêche, ça devient difficile voire même très difficile si on n’est pas habitué à ce genre de pêche.

 

Repérage et observation

Pour rendre la partie de pêche la plus réussie possible, la première chose à faire sera une bonne observation de la zone de pêche sur une durée assez conséquente, on prendra le temps de faire des petits tours de repérage à plusieurs reprises en promenant le chien par exemple, je dirai au minimum 2 fois pendant une semaine afin d’avoir un aperçu assez général de l’activité piscicole et de présélectionner quelques postes de pêche potentiels.

On cherchera des zones calmes et ensoleillées, endroit où la chaleur apportée par les quelques rayons de soleil maintiendra les poissons les moins léthargiques en activité.

On essaiera de privilégier les fonds dégagés et plats, mais surtout avec le moins de courant et le moins exposé au vent ; un bras mort de rivière, un bassin de retournement d’un canal, une petite crique d’un étang ou d’un lac par exemple. Et chose primordiale, le fond des postes présélectionnés ne devra pas dépasser les deux mètres ; au-delà la chaleur du soleil n’aura que peu d’effet sur la température de l’eau. A moins de pêcher des grands lacs ou des fleuves avec des profondeurs énormes, dans quel cas on cherchera plutôt des grands fonds où les poissons se sentiront plus en sécurité et dans des eaux potentiellement moins impactées par les températures fraîches et le vent de la surface.

Pourquoi pas profiter du repérage pour faire un très léger amorçage d’accoutumance sur les postes potentiels, quelque chose de très simple comme des glaçons avec des asticots et des pinkies morts, des petits vers de terreau coupés, des vers de vase mélangés avec un peu de farine d’insectes et de l’eau. Deux ou trois glaçons ou l’équivalent d’un pot de yaourt sur chaque poste potentiel est plus que suffisant pour un amorçage d’accoutumance l’hiver.

Le jour de la partie de pêche, une observation plus minutieuse dictera le choix du poste final. Si la zone de pêche est un spot connu, on privilégiera une zone plate, dégagée, qui semble active et bénéficie du meilleur ensoleillement. Si la zone de pêche est un spot moins connu, on essaiera de choisir la zone qui semble la plus active et qui bénéficie du meilleur ensoleillement et/ou la moins soumise au vent.

 

Amorçage léger et maigre

Sensas 3000 Feeder Super Explosive Sensas 3000 Super Black Gardon Salée

Arrivé sur le poste de pêche, je m’attèle à la préparation de mes bacs d’amorce, un tout petit bac pour mon amorçage de départ et un grand bac pour la partie de pêche, j’entends déjà votre question : "Pourquoi faire deux amorces différentes ?" Je vous donne la réponse immédiatement, l’amorce pour le départ est un mélange explosif qui travaillera immédiatement lors de l’impact dans l’eau et travaillera sur toute la colonne d’eau afin d’attirer les poissons qui sont plus éloignés mais quand même en quête de nourriture, s’agissant d’un amorçage de départ, pas besoin d’une grande quantité ; l’amorce pour la pêche aura moins d’effet dispersant et maintiendra les poissons sur le coup. Pour les deux amorces, on restera sur un mélange assez pauvre avec une granulométrie plutôt moyenne et une couleur sombre, la mécanique plus ou moins collante étant à adapter en fonction du lieu de pêche.

Une fois installé sur le poste de pêche et le matériel en place, la préparation du coup se fera très rapidement, à peine 5 cages de taille moyenne suffisent pour l’amorçage de départ, comme mentionné en début d’article, j’utilise des cages rondes de 3x4cm environ pour mon amorçage de départ, je trouve que c’est amplement suffisant sur mes spots de pêche en hiver. En amorce pour l’amorçage de départ, je fais un petit mélange simple mais que je trouve plutôt efficace ½ part de Sensas Feeder Explosive +  ½ part de Sensas Super Black Gardon Salée ; je n’utilise même pas ¼ de chaque paquet pour mon amorçage de départ, les avantages de ce mélange est d’avoir une amorce qui va travailler sur toute la colonne d’eau et attirer les poissons les plus actifs sur le coup assez rapidement, de plus le mélange des deux amorces donne une couleur assez sombre, ce qui convient plutôt bien pour une pêche hivernale. Si le spot de pêche est un grand lac ou un grand canal, on n’hésitera pas à utiliser une cage en taille large pour l’amorçage de départ pour s’adapter au volume d’eau présent sur coup.

Sensas 3000 Super Black Gardon Salée Sensas 3000 Feeder Roach

Concernant l’amorce en action de pêche, je ne me prends pas trop la tête non plus, ½ part de Sensas Feeder Roach + ½ part de Super Black Gardon Salée, et encore une fois pas besoin d’en préparer beaucoup ; ½ sachet de chaque paquet alourdi avec un peu de terre suffit pour une petite partie de pêche hivernale, bien entendu si la partie de pêche se déroule bien et que les gardons sont mordeurs, il faudra prévoir de quoi repréparer un peu d’amorce. Encore une fois le mélange sera sombre, très sombre même, il ne sera pas trop riche et se diffusera plutôt bien dans l’eau. Parfait pour une pêche hivernale.

On ne mettra que très peu d’esches dans l’amorce, quelques pinkies morts, quelques terreaux coupés en plus des graines présentes dans les paquets d’amorce et pourquoi pas si vous en avez quelques casters, il y aura déjà de quoi tenter nos petits gardons en quête de nourriture.

 

La Pêche de gardons au feeder en hiver

Après l’amorçage de départ, j’attends au moins 15 minutes avant de relancer, si j’entrevois une certaine activité, je garde la même cadence ; à l’inverse, si je ne détecte aucune activité, j’augmente le temps de relance de 5 minutes et si au bout de 3 ou 4 relances il n’y a aucune activité perceptible ; c’est que les poissons n’ont pas envie ; soit si le temps le permet je vais voir sur un autre poste, soit je laisse le montage dans l’eau et je prends un bon café en attendant. Pour les relances 3 ou 4 esches dans une cage small, mini ou micro pas plus, on n’oubliera pas qu’en hiver les poissons se nourrissent moins qu’à la belle saison et qu’apporter trop d’esches sur le coup risque de créer un gavage des poissons.

Selon l’observation entre les différentes relances, décaler un peu son coup peut être intéressant. Par exemple si votre coup initial se trouve sous 1.50m d’eau et que quelques rares poissons viennent sucer votre hameçon esché, il peut s’avérer efficace de décaler votre coup de quelques mètres afin qu’il se trouve proche d’un banc de poissons et/ou d’une zone plus propice à leurs présences, une zone un peu plus profonde par exemple ou moins soumise à des turbulences aquatiques. Ce choix se fera selon vos observations et ressentis durant la partie de pêche.

Cage Preston Feeder Distance Cage Browning Big Pit Mini Feeder Cage NuFish Zippla Mini Feeder

La léthargie engendrée sur les poissons pendant la saison froide "empêche" les poissons de trop de déplacer, donc si votre coup n’est pas à proximité d’un banc de poissons, il sera difficile de les faire venir. D’où l’importance d’une bonne observation avant de choisir son poste de pêche.

Au niveau de l’hameçon, j’esche rarement plus de deux pinkies ou un gros asticot ou bien encore un asticot et un pinkies. Je privilégie les asticots et les pinkies rouges, sur mes spots de pêche ce sont ceux qui s’avèrent le plus efficaces, même si j’ai toujours des blancs et des bronzes pour palier à l’inefficacité des rouges, on ne sait jamais. J’essaie aussi de garder quelques asticots et pinkies morts, des fois ça fonctionne mieux, je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme ça.

Eschage 1 Asticot Eschage 1 Asticot 1 Pinky  Eschage 2 Pinkies

L’eschage des appâts à l’hameçon a aussi une grande importance, surtout en eau froide, même nos petits asticots et pinkies auront moins la bougeotte et potentiellement seront moins attrayants pour nos petits gardons. De ce fait je pique avec une grande attentions mes appâts à l’hameçon, j’essaie de passer l’hameçon juste sous la peau afin que les asticots et pinkies aient le moins de contrainte pour bouger. Lorsque j’en pique 2 sur l’hameçon, je les pique tête-bêche, je ne sais pas pourquoi ça fonctionne mieux comme ça pour moi, j’émets seulement l’hypothèse que lorsqu’ils sont dans cette position, les mouvements qu’ils font sont addictifs.

Pendant la pêche, si je détecte beaucoup de touche à la descente que je n’arrive pas ferrer, je prends une cage plus lourde et je raccourci un peu mon bas de ligne, l’hameçon esché se retrouvera plus rapidement au fond de l’eau et piquera potentiellement des plus gros gardons qui se tiennent dans le fond. J’en profite également pour remouiller rapidement l’amorce pour qu’elle soit un peu plus collante et se délite moins dans la colonne d’eau afin de "forcer" les poissons à redescendre dans le fond et ainsi créer une sorte de "frénésie alimentaire" bien qu’en hiver il est difficile de parler de frénésie.

La détection des touches avec une canne quiver peut être très difficile à percevoir sur une pêche hivernale de gardons, même si le matériel est adapté (canne fine et sensible, scion fin, corps de ligne sans élasticité, etc.) ; lorsque l’on pratique peu les pêches fines au feeder, le nombre de touches loupées pourrait même vous faire détester ce style pêche, mais je vous conseillerai de faire plusieurs petites sessions ; c’est une pêche technique très intéressante qui vous permettra d’affiner vos sens pour des sessions de pêche à la belle saison, que ça soit pour des pêches fines ou pour des pêches de tout venant difficiles.

Pêche fine qui peut s'avérer assez sensationnelle

Une personne d'un groupe privé dédié à la pêche au Feeder sur Facebook m'a questionné par curiosité sur l'intérêt de pratiquer des pêches fines au feeder en période hivernale, s'il y avait des sensations en cas de grosse prise ; je lui ai répondu ceci : "L'intérêt principal pour moi c'est de permettre d'affiner les sens pendant la partie de pêche et de ne pas perdre la main.
La pêche fine au feeder en hiver est extrêmement technique, elle demande beaucoup d'attention et de concentration. Ce qui permet d'aiguiser les sens pour la belle saison lors d'une partie de pêche difficile.
Et comme tu l'as souligné, les sensations que ça procure lorsque tu piques un plus gros poisson, le fait devoir batailler correctement une prise potentielle dont le poids serait supérieur au kilo. Surtout que les petites carpes et les belles brèmes ne rechignent pas à venir s'installer lorsque les gardons commencent à être repus."

Du coup même si on parle de pêche fine, il est possible de trouver son petit lot de sensations fortes, les pêcheurs qui sont habitués à pêcher fin pourront le confirmer sans problème, sortir des belles prises avec des bas de ligne fins reste assez sensationnel, certes on ne parlera pas de combat acharner comme avec une carpe de plus de 10kg, mais ne serait-ce qu'une prise de 1 ou 2kg c'est assez prenant ; le fait de relâcher un peu de ligne, de ramener la belle prise sans casse, de guider le poisson vers une zone dégagée, etc. Ce sont des gestes qui en hiver peuvent être appréhendés plus facilement, les poissons ayant moins de vigueur qu'à la belle saison.

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